|
Traversant la danse classique et le cirque, Satchie Noro invente un temps d’intimité : pour une poignée de spectateurs, un rendez-vous dans un « tiers-lieu » du Paris-Villette. Présentée la saison dernière dans un bureau, l'installation dansée investit cette année les sous-sols du théâtre.
Expérience du corps en temps réel et en présence d'invités, Les Absents confronte gestes et histoires incarnant les absences partagées.
Danse - Nouvelle version en sous-sol
danse Satchie Noro, musique Fred Costa, lumière et régie générale Thierry Arlot, robe de bois et avant-bras Silvain Olh, Maryse Jaffrain avec la participation de Yumi Rigout.
De deux choses l'une (mais pas seulement)
Quand une ballerine rencontre une circassienne aérienne, qu'est-ce qu'elles se racontent ? Des histoires de virtuosité, de préparation, de brio, de pointes, d'élévation, de pirouette, d'arabesque, de suspension, d'envol peut-être... Mais quand une ballerine rencontre une circassienne aérienne dans un espace volontairement restreint ? Quand la ballerine et la circassienne voguent d'espace en espace en ne faisant qu'une ?
Les Absents connaissent plusieurs versions en s'adaptant à des lieux non théâtraux. On sait bien que l'espace influe toujours sur la forme. Pourtant ici, c'est la forme qui sécrète son propre espace avant de se couler dans le moule offert par les circonstances, car Les Absents imposent leur forme changeante aux contours modulables. « Ils » dictent leur loi, douce et impérative. Une loi à entendre, percevoir, ressentir, comme une petite musique intérieure en union libre avec l'espace.
Pour les « invités » aussi, l'expérience diffère selon que l'espace restreint est un conteneur, un petit bureau de directeur ou un mystérieux sous-sol de théâtre.
Tantôt araignée au plafond, tantôt Ophélie sombre et surréaliste qui fait la planche, l'être hybride transmet un mouvement ondulatoire, presque continu, en natation aérienne – une pulsation ? De très brèves et presque imperceptibles respirations et pauses pointent vers le dialogue et l'écoute mutuelle entre la ballerine et la circassienne et non leur fusion, non les jeux de pouvoir. Elles échangent alors leurs univers, leurs rôles et leurs visions du monde ; elles s'imprègnent l'une de l'autre, unissent leurs absents qui en deviennent les nôtres, car l'espace ainsi animé nous adopte en douceur. Il laisse la place à tous les absents, à chacun les siens, et aux présents du fond sur les petits bancs, happés dans un mouvement paisible d'images et de sensations.
Le conteneur, d'où vient-il ? Ce vase clos formaté, uniformisé, seul admis à passer les frontières quasiment sans entraves, bien loin de pousser à l'enfermement et au repli, ne pointe-t-il pas justement vers le libre échange détourné de son sens borné et destructeur ?
D'ailleurs, qui dit que le conteneur ne voyage pas durant l'aventure ? Une chose est sûre : à la fin, on n'est pas revenus à la même place et on a accompli une révolution autour d'un centre invisible et incontournable, en soi ou dans l'espace.
Dans un conteneur, un bureau de directeur ou un sous-sol mystérieux, par leur alliance intime, une ballerine et une circassienne se risquent à sonder certains secrets du vivant.
Denise Luccioni, décembre 2011
|
PRATIQUE
samedis 17, 24, 31 mars et 14 avril 2012
4 séances par jour
à 17h, 18h, 19h et 20h
durée 25 min
séance limitée à 17 personnes
RESERVATION : 01 40 03 72 23
TARIFS >>
Tarif unique 10€.
PRESSE
>> Le Monde, 22/01/11, "Satchie Noro penche pour l'extrême"
>> Télérama, "Satchie Noro - Les Absents"
>> attractions visuelles, 16/02/11, "Les Absents"
>> Le Singe Hurleur, 01/02/11, "Rencontre avec Satchie Noro"
>> La Danse, "Faits d'Hiver > Samuel Mattieu, Satchie Noro, Prue Lang"
>> Le Singe Hurleur, 19/01/11, "Les absents, de Satchi Noro"
>> Le Singe Hurleur, 19/01/11, "Un fait d'hivers inspiré au Théâtre Paris-Villette"

|