|
ÉDITO
Une seule boussole me conduit, celle qui m’oriente vers un projet de rencontre : ce lieu et ce temps où se croisent créateur, œuvre, communauté nommée public. Pour ce faire, il est urgent de savoir suspendre le temps. Pour tisser patiemment la trame de chacune de ces histoires collectives.
Faut-il pour cela être animé d’une foi inébranlable dans la nécessité vitale de montrer toujours et encore ces écritures en train de naître ! Explorer sans relâche les limites, inventer sans cesse des réponses, et surtout, surtout ne pas avoir peur.
Ce goût immodéré pour l’indéterminé est la valeur première d’une véritable aventure artistique. Nous le partageons avec le public qui nous est fidèle et les artistes devenant souvent des compagnons de route. Réduire à six mois, sous la contrainte budgétaire, la saison nouvelle, c’est un engagement non pas une démission. Les financeurs publics le savent.
Bousculant ainsi le schéma traditionnel d’une saison théâtrale, j’ai trouvé une liberté de programmation encore plus manifeste, inattendue. Un petit bureau ou un grand plateau pour deux danseuses- chorégraphes japonaises... un texte de Genet pour deux mises en scène visibles dans la foulée... une prostituée, Grisélidis, experte bien sûr de la sexualité masculine et Schubert... une unique soirée pour une ébauche de Mouette... une échappée vers quelques scènes virtuelles. Alors laissons résonner le silence dans l’espace pourtant plein des artistes au travail. Et le 17 janvier 2011, nous rallumons les lumières du plateau pour une soirée de retrouvailles.
Patrick Gufflet
|